
Une croissance spectaculaire du marché de
l’éolienne au niveau mondial a été encrée par la volonté
des pays industrialisés, surtout dans l'Union européenne, afin d'exploiter
massivement les ressources considérables qu’elles nous apportent, ce sur terre
et mer.
Un marché naissant et prometteur pour de
grandes éoliennes offshore (en mer);
grâce à la technologie de pointe de Jeumont Industrie qui est un atout majeur
pour la France.
La montée en
puissance des éoliennes
:
Pour les grandes
installations terrestres, on bénéficie chaque année d'une augmentation de la
puissance moyenne des éoliennes nouvellement installées mis en cause par le
marché mondial grandissant et, dans le même temps, d'une baisse des coûts de
production. En Allemagne, la puissance moyenne des nouvelles machines s'est
accrue de 780 kW en 1998 à 935 kW en 1999.
La multiplication des grandes installations pose un problème délicat de la
recherche de sites terrestres favorables et de grande taille voir la limitation
de l'impact des éoliennes sur leur environnement naturel et humain, surtout en
Europe dans les pays de petite superficie comme le Danemark ou les Pays-Bas.
Dans ce contexte, l'éolien offshore naissant est beaucoup plus adapté à
une croissance durable du marché. Les ressources en mer sont plus importantes
que sur terre, mais surtout le vent y est plus fort et plus régulier et les
grandes installations n'ont que peu d'impact visuel et pas de souci sonore sur
les populations. Toutefois, comme les projets offshores sont plus
coûteux que les projets terrestres, notamment à cause des fondations, du
raccordement au réseau et de l'adaptation des machines à l'environnement marin,
leur rentabilité ne peut être assurée
qu'en concevant de grandes machines de plusieurs mégawatts.
Prototype
de grande éolienne (750 kW) conçue par
Jeumont Industrie (groupe Framatome) sur le site
de Widehem (Pas-de-Calais) qui en comptera six.
Ce type d'éolienne est produit en série
dans le cadre du programme Éole 2005.
J.-Ch. Meyer/La Médiathèque EDF
Les
évolutions technologiques majeures :
De telles éoliennes n'en sont qu'au stade du prototype et
constituent donc un premier défi technologique à relever. Mais l'apparition des
génératrices multipolaires à "attaque directe et vitesse variable"
pourrait également s'avérer déterminante sur le marché offshore.
Evolution du marché de l’offshore :
Le marché éolien mondial est aujourd'hui essentiellement un marché d'installations terrestres de 300 kW à 100 MW raccordées à un réseau électrique. Il connaît une forte croissance depuis plusieurs années, surtout dans l'Union européenne, dont trois États membres comptent parmi les quatre leaders mondiaux par la capacité installée (figure ci-contre). C'est un marché très concurrentiel et évolutif, soutenu par les aides publiques mais proche de la rentabilité et largement dominé par les constructeurs européens, le premier constructeur mondial étant la société danoise Vestas.
Le marché des grandes installations terrestres de 5 à 100 MW, qui utilise des éoliennes jusqu'à 1,5 MW ou plus, connaît la croissance la plus forte, mais celui des grandes installations offshore, qui apparaît en Europe du Nord, sera probablement le grand marché de demain.
Les génératrices à "attaque
directe" fonctionnent à la vitesse basse du rotor, ce qui permet de
supprimer le multiplicateur, composant lourd et coûteux, et présente l'avantage
de donner des machines plus compactes, avec des charges de maintenance
réduites. En complément, le concept de vitesse variable du rotor, en lieu et
place du concept de vitesse fixe (le plus répandu), optimise la production
d'électricité, la vitesse du rotor s'adaptant en permanence à la vitesse du
vent. Très peu de constructeurs commercialisent des grandes éoliennes qui
intègrent ces deux concepts. Mais c'est le cas d'Enercon (Allemagne), de
Lagerwey the Windmaster (Pays-Bas) et de Jeumont Industrie.
L'éolienne de 750 kW à "attaque directe et vitesse variable" de
Jeumont Industrie est équipée d'une génératrice innovante (dite à
"technologie discoïde") et d'un convertisseur électronique qui permet
le couplage au réseau et autorise le fonctionnement à la vitesse variable du
rotor. Cette technologie de pointe unique permet d'obtenir des machines plus
performantes et se distingue aussi de ses concurrentes par le concept de
contrôle de puissance par décrochage aérodynamique
(au lieu du calage variable).
Avec une capacité installée qui ne
dépassait pas 23 MW fin 1999, la France est très peu équipée en éoliennes,
alors que l'utilisation de l'énergie du vent connaît depuis plusieurs années
une croissance spectaculaire dans l'Union européenne. Pourtant, son industrie
dans ce domaine est en bonne santé et de nombreux fabricants français sont
reconnus sur le plan international, mais surtout dans les secteurs des
composants d'éolienne comme la génératrice, les pales du rotor ou les couronnes
utilisées pour la rotation du rotor, l'orientation des pales et celle de la
nacelle. En revanche, si Vergnet S.A. est un leader mondial du marché des
petites éoliennes non connectées au réseau, il n'existe aucun industriel
français sur le marché des grandes éoliennes. Seule la société Jeumont
Industrie (filiale à 100 % du groupe Framatome) est en mesure de devenir
un constructeur majeur, en mettant à profit ses compétences en
électromécanique. Elle a inauguré en octobre 1999 sur le site de Widehem
(Pas-de-Calais) un prototype de grande éolienne de 750 kW munie d'une
génératrice innovante. Cette machine sera produite en série pour équiper des
installations prévues dans le cadre du programme national Éole 2005 qui soutient,
depuis 1996, l'industrie éolienne française et prévoit l'installation d'une
capacité installée de 250 à 500 MW d'ici à 2005 en France. Au 31 janvier
2000, 55 projets étaient sélectionnés totalisant 367 MW, dont seulement 7,65 MW
raccordés au réseau (en métropole et en Guadeloupe). Toutefois,
l'énergie éolienne est devenue une priorité au plan national français parce
qu'elle participe à la lutte contre le changement climatique.